Témoignage
Luqman Atchia : "Le CEDEM est arrivé au bon moment dans ma vie"
Luqman Atchia, à 18 ans, tente, pour la deuxième fois consécutive, de réussir aux examens du School Certificate au Islamic Cultural College. A première vue, rien ne le différencie des autres adolescents de son âge. Mais s'il n'y avait pas eu le CEDEM et ses classes de remise à niveau, ses difficultés d'apprentissage au primaire l'auraient condamné à un échec irréversible.
"J'étais incapable de suivre les classes avec les élèves normaux. Ça allait trop vite pour moi à l'école Notre-Dame-de-Lourdes à Rose-Hill. Je me suis retrouvé en difficulté en cinquième alors que j'avais neuf ans", raconte Luqman.
Durant les vacances de décembre, sa voisine, qui est apparentée à Rita Venkatasawmy, directrice et consultante au Centre d'Education et de Développement pour les Enfants Mauriciens (CEDEM), entendant parler de ses difficultés d'apprentissage scolaire, conseille à sa mère de l'inscrire au CEDEM. Aussitôt dit, aussitôt fait. Luqman intègre le CEDEM en 1999. Il y refera en accéléré la quatrième et la cinquième puis s'attaquera à la sixième. Il prend part avec succès aux examens de fin de cycle primaire. "Au CEDEM, j'étais libre de faire ce que je voulais. Je m'amusais autant que j'apprenais", confie-t-il. "En un an et demi, j'avais fait trois classes avec succès. J'étais le premier surpris par ce résultat", remarque-t-il.
Sur les conseils de ses parents, Luqman refera à nouveau la sixième dans une école privée islamique à Cassis. Et en 2001, il commence sa scolarité secondaire au Islamic Cultural College. Il n'a jamais oublié ces mois passés au CEDEM qui lui ont permis de prendre un nouveau départ dans la vie. "Les maîtresses étaient géniales au CEDEM. Je me souviens de Miss Francine et de Miss Salima qui m'ont vraiment aidé. J'ai été pris en main les six premiers mois par Miss Tico. Le CEDEM est arrivé au bon moment dans ma vie. Je ne serais pas là aujourd'hui sans ce passage dans cet établissement", assure Luqman.
Il est toujours aussi admiratif devant le travail qu'entreprend le CEDEM en faveur des enfants en difficulté. "Le CEDEM fait beaucoup pour ces enfants. Il les aide et ils vont réussir un jour. Ils sont aidés énormément. Comme moi, ils retrouveront le rythme", espère Luqman.
Le CEDEM, qu'il a retrouvé le temps d'un entretien, lui a paru plus grand. "Je ne connaissais pas ces salles de classe", disait-il, étonné. Mais dans son coeur de futur adulte, il a éprouvé à nouveau le sentiment d'y avoir effectué une halte salvatrice.